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lundi 22 mars 2010

Le grand Bang

Salut à toutes!

J’ai lu récemment un témoignage dans la revue Enfants QC, intitulé « Mon enfant, cet inconnu ». Voir le lien plus bas. La femme parle du lien qui se crée, à un moment propre à chacune, entre notre bébé et nous. Ça m’a fait penser à mon histoire.

Quand je suis tombée enceinte, ça faisait déjà des années que j’en rêvais. C’était toutefois important pour moi et mon conjoint d’attendre qu’il ait terminé ses études à temps plein avant de réaliser ce projet. Nous souhaitions aussi nous marier avant. Finalement, le mariage a eu lieu et notre projet bébé s’est aussitôt mis en marche. Quand j’ai appris que j’étais enceinte, j’étais bien entendu très heureuse, mais j’avais du mal à y croire. Je ne laissais pas la joie m’envahir, car je craignais tellement la fausse couche! Je suis entourée de femmes qui en ont fait, et je savais ne pas en être à l’abri. J’ai donc volontairement pris une distance avec ce petit trésor qui grandissait en moi. Je me suis dit : « Je le croirai quand je le verrai ».

Finalement, les mois ont passé et la concrétisation de mon rêve de devenir maman se rapprochait de plus en plus! Pourtant, je continuais de prendre cette réalité à la légère, ayant peur de me faire dire « Ben non, tu n’étais pas enceinte » J’avais beau sentir mon bébé bouger et lui parler plusieurs fois par jour, je craignais beaucoup de m’attacher à ce petit être, peur de souffrir de cet amour si je le perdais!

Quelques semaines avant la date prévu de l’accouchement, j’ai suivi des traitements d’acupuncture, des cours de respiration et j’ai reçu des massages. Tout ça dans le but de préparer l’accouchement et surtout, de le faciliter. Quand le grand jour est arrivé, j’ai rassemblé toute ma confiance et ma force pour donner vie à ce petit être du mieux que je le pouvais, c'est-à-dire de la façon la plus naturelle possible. Lili est née après seulement 7 heures de travail, et 30 minutes de poussée. Je me souviens encore qu’au moment de pousser, je me concentrais à écouter et appliquer les conseils de l’infirmière, sans encore, une fois de plus, réaliser pleinement à quoi ça mènerait. Quand le médecin a finalement déposé ma fille sur moi, ça m’a fait tout un choc!

« Kossé ça cette affaire-là? » C’est vraiment ce que j’ai pensé… Tout d’un coup, j’ai été tellement surprise de recevoir un bébé! J’avais tellement crains qu’on me dise « Désolée, pas de bébé » que j’y ai cru, en bout de compte, à cette possibilité d’accoucher d’un sac de patates! Encore aujourd’hui, mais surtout dans les secondes qui ont suivi la délivrance, ce qui me surprend le plus, c’est que la vie m’ait confiée, à moi, ce petit être si fragile. C’était mon bébé, le mien!

Mon mari a eu beaucoup de plaisir à décrire à nos amis et connaissances la réaction que j’ai eu quand on a déposé notre fille sur moi. Il paraît que ça valait une photo. Je me souviens, en effet, d’avoir ouvert grand les yeux (tellement grand que mes yeux auraient pu sortir de leurs orbites), comme les femmes qui se font annoncer qu’elles sont en train d’accoucher alors qu’elles ignoraient même qu’elles étaient enceintes! C’est vraiment dommage que je n’aie pas ce souvenir en photo, car j’aurais bien aimé la voir, ma tête!

Les heures suivantes, j’ai apprivoisé mon bébé, réalisant enfin dans quelle aventure je m’étais heureusement embarquée. J’ai découvert avec plaisir le petit corps de ma fille, ses traits particuliers et même son doux caractère qui pointait déjà le bout du nez. En route vers la maison, confortablement (mais Oh combien nerveusement) installée à côté de ma fille sur la banquette arrière, c’est à ce moment que ça m’est arrivé… Bang! Je suis tombée en amour avec ma fille! J’étais en train de l’observer et la photographier quand j’ai vu dans son regard toute la beauté du monde. J’ai reçu un gros coup dans le cœur. En une seconde, le lien s’est solidement attaché. Tout d’un coup, je ne pouvais plus m’imaginer être heureuse sans ma fille. Cette petite merveille assise à mes côté me paraissait être un trésor national qu’on se doit de protéger. Je ne pouvais concevoir que la mort puisse un jour la frapper tragiquement, pour mettre fin à sa vie prématurément. J’ai senti que cette petite personne qui observait les jeux d’ombres et de lumière par la fenêtre (ma fille était très éveillée à la naissance) avait sa trace à laisser sur Terre. J’ai senti qu’elle avait tellement de potentiel, qu’elle pourrait réaliser tant de merveilleuses choses sur notre planète, tant à petite qu’à grande échelle.

Pendant que nous roulions vers la maison, je pensais à la possibilité de la perdre (encore une fois, hé oui), et ça faisait tellement mal! Pas parce que c’est MON enfant, mais parce que je voyais en elle tant de possibilité de rendre la vie plus belle! Je veux absolument la voir grandir et laisser sa trace!

Encore aujourd’hui, quand je regarde la photo que j’ai prise dans la voiture, une seconde à peine avant le grand Bang, ça me fait quelque chose. Je ressens la même sensation de lien indestructible qui nous unit, ma fille et moi. L’amour plus pur et plus fort que tout d’une mère pour son enfant. Je ne ressens plus le grand Bang, car un coup de cette force-là était vraiment unique, mais je sens le port d’attache de ce lien vibrer dans ma poitrine. Mon cœur vibre de bonheur.

Et vous, les filles, quand êtes-vous tombées en amour avec vos enfants?